Ce sommet voulu par la France et le président de la République envoie un double message au
monde :
- face à la crise économique, les pays du G20, qui représentent plus de 80 % de l’économie
mondiale, s’engagent à prendre des mesures coordonnées et concertées de soutien à l’économie et à refuser tout recours au protectionnisme ;
- face à la crise financière, ils mettront en place avant le 31 mars 2009 une nouvelle régulation
financière internationale pour qu’une telle crise ne puisse plus se reproduire.
Des mesures concertées et coordonnées de soutien à
l’économie
"Nous sommes d’accord (pour dire) qu’une réponse politique élargie, fondée sur la coopération
macro-économique, est nécessaire pour rétablir la croissance", indique la déclaration finale du sommet de Washington.
Le G20 s’est donc entendu sur la "nécessité d’une relance coordonnée, concertée de l’action économique",
a expliqué le président de la République, Nicolas Sarkozy, à l’issue du sommet. La déclaration insiste sur l’urgence de mesures fiscales et budgétaires et sur la politique
monétaire.
Les bases d’une nouvelle régulation financière
internationale
Les dirigeants du G20 ont approuvé une liste de mesures "à haute priorité" permettant d’améliorer la
supervision du système financier, sur lesquelles leurs ministres des finances devront faire des propositions d’ici au 31 mars.
Cinq domaines d’action ont été définis :
- remise à plat des aspects de la régulation qui exacerbent les crises ;
- harmonisation des normes comptables ;
- amélioration de la transparence des marchés de produits dérivés ;
- révision des pratiques de rémunération des dirigeants de banques pour éviter des prises de risque excessives ;
- "révision du mandat, de la gouvernance et des besoins en capitaux des institutions financières internationales".
Pour éviter une répétition de la crise financière, les membres du G20 ont décidé que "tout intervenant,
tous les produits et tous les marchés soient réellement soumis à surveillance. Il n’y aura plus de zone d’ombre", selon les termes de la chancelière allemande, Angela Merkel. La déclaration
finale évoque notamment le besoin de "transparence sur les actifs hors bilan et des instruments financiers complexes".
Comme l’ont souhaité l’Europe et la France, aucun acteur financier, aucune juridiction, aucun segment de
marché ne resteront à l’écart de la régulation et de la supervision, précise le Premier ministre, François Fillon, dans un communiqué de presse.
En particulier, la lutte contre les paradis fiscaux est relancée. Le G20 demande en effet "à moyen
terme" aux autorités nationales et régionales de "mettre en oeuvre des mesures pour protéger le système financier mondial des juridictions non coopératives qui présentent un risque d’activité
financière illégale".
D’ici au 31 mars, des propositions sont attendues pour que les "régulateurs s’assurent que les agences
de notation répondent aux normes les plus exigeantes".
Le double écueil de la division entre pays développés et émergents et des réticences de certains de nos
partenaires à réguler la sphère financière a été surmonté, indique en outre François Fillon dans son communiqué.
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