Le papyrus se présente sous la forme de huit feuilles qui constituaient à l'origine un rouleau d'une longueur estimée à sept mètres. Véritable "livre de médecine" le document, d'un type tout à fait unique, possède la rare particularité de comporter sur ses deux faces des textes relatifs à un même sujet. Écrit de façon continue par deux scribes différents, il est rédigé en hiératique dans une écriture caractéristique du Nouvel Empire (1550 à 1050 av. J.C). Au recto, le premier scribe a soigneusement recopié un recueil de diagnostics et de recettes médicales. Au verso, les descriptifs sont accompagnés de textes, vecteurs d'une riche glose mythologique, transposant la maladie dans un contexte divin où elle trouvait explication et remède. Cette œuvre, 12 siècles avant les écoles de médecine grecques, constitue un document essentiel pour l'histoire de la pensée médicale et de la pharmacie.
Le rouleau avait été acquis en Égypte en 1953 par un particulier, qui le rapporta ensuite en France en vertu des accords passés par la République arabe d'Égypte avec l'ex-puissance mandataire. Proposé en vente publique plusieurs années après le décès de l'acquéreur, classé trésor national, le papyrus a été acquis par l'État grâce au mécénat du Groupe Ipsen.
Par ses dimensions, par le nombre et la longueur de ses textes le papyrus acquis aujourd'hui peut être considéré comme le deuxième au monde (Le premier étant le Papyrus Ebers datant du Nouvel Empire vers 1500 avant J.C., conservé à la bibliothèque de l'université de Leipzig). Affecté au département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, c'est avec éclat qu'il comble une lacune des collections nationales.
Cette acquisition a été rendue possible grâce aux dispositions fiscales de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations. Ces dispositions, qui
complètent celles de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, créent en effet des conditions favorables à l'entrée dans les collections publiques, grâce au mécénat
d'entreprise, d'œuvres reconnues trésor national par la commission consultative des trésors nationaux.
Christine Albanel tient à saluer et à remercier le Groupe Ipsen pour cette action exemplaire de mécénat en faveur du patrimoine national et du rayonnement de l'art.
Jean-Luc Bélingard, président du Groupe Ipsen, exprime sa satisfaction à contribuer à l'enrichissement des collections du Louvre, dont Ipsen partage les valeurs d'universalisme, de diffusion des connaissances et d'ouverture internationale.
Une exposition sur l'art du médecin égyptien est organisée autour de la présentation exceptionnelle du papyrus. Instruments de médecine et de chirurgie rassemblés apporteront
un éclairage sur les connaissances et les techniques médicales de l'époque.
6 juin - 6 août 2007, Aile Richelieu, salle d'exposition temporaire.
Discours de Christine Albanel, ministre de la culture et de la communication, porte-parole du Gouvernement prononcé lors de la remise officielle d’un exceptionnel papyrus médical égyptien datant du Nouvel Empire grâce au mécénat du Groupe Ipsen au musée du Louvre
lundi 4 juin 2007
Monsieur le Président directeur Général d’Ipsen, cher Jean-Luc Bélingard,
Madame la Directrice des musées de France, chère Francine Mariani-Ducray,
Monsieur le Président-directeur du musée du Louvre, cher Henri Loyrette,
Mesdames, Messieurs, Chers amis,
C’est un événement particulièrement fort qui nous réunit ce soir : l’entrée dans les collections nationales, grâce au mécénat du groupe Ipsen, d’un papyrus médical égyptien considéré
comme l’un des plus exceptionnels au monde.
Ce document, l’un des plus anciens manuels de médecine de l’histoire de l’humanité, est remarquable à tout point de vue. Par ses dimensions, mais aussi par l’abondance et la richesse des
textes qui figurent sur les deux faces de ce rouleau, et dont l’étude scientifique permettra certainement de faire progresser l’histoire de la médecine et de la pharmacie, en éclairant
ses toute premières sources.
Ce rouleau de huit feuilles, acquis par un Français il y a plus de cinquante ans, classé trésor national en juin dernier, va à présent trouver toute sa place au Louvre, parmi les grands
chefs d’œuvre que le musée, Cher Henri Loyrette, conserve pour la nation, et pour l’humanité entière, conformément à l’idée universaliste, ouverte, et généreuse de la culture que
défend et promeut notre pays.
C’est pour moi l’occasion de saluer le travail admirable qu’accomplissent nos conservateurs, de souligner l’importance des missions que leur confient l’Etat et toute notre société. Je veux dire mon estime à ce corps, ainsi, naturellement qu’à l’ensemble des équipes du Louvre.
Ce Louvre où je suis très heureuse de me trouver aujourd’hui. C’est pour moi une émotion, une joie et une grande fierté que ma première visite au Louvre en tant que ministre de la Culture et de la Communication coïncide avec cet événement singulier.
Je tiens à exprimer ici toute ma reconnaissance au Groupe IPSEN et à son Président pour cet acte de mécénat. Cher Jean-Luc Bélingard, je rends hommage à votre générosité et, au-delà, à votre action particulièrement exemplaire en faveur du patrimoine national. C’est une belle idée, pour un grand groupe médico-pharmaceutique, de vous intéresser ainsi à l’un des témoignages les plus anciens de la médecine. C’est un peu de votre propre mémoire qui, grâce à vous, entre au Louvre, avec qui vous tissez un lien fort et durable.
Car le mécénat, c’est d’abord et surtout un partenariat, une fédération de différentes énergies, qui se nourrissent et se renforcent mutuellement, et souvent une rencontre de passions. C’est un mariage heureux entre l’action privée et l’action publique, à travers un soutien qui renforce la légitimité de l’action publique, en lieux et places d’oppositions artificielles, qui n’ont pas lieu d’être.
De ce point de vue, les lois de 2003 nous ont fait changer d’époque. Un chiffre : les dispositifs fiscaux prévus par ces lois ont permis de mobiliser, en faveur de l’acquisition par l’Etat de trésors nationaux ou de biens culturels majeurs, plus de 66 millions d’euros. Le nombre d’entreprises pratiquant le mécénat a plus que triplé. Au-delà des avantages fiscaux, s’est créé un climat favorable à un engagement croissant de la société civile en faveur des causes d'intérêt général, et à un rapprochement des acteurs économiques et des responsables culturels.
Je crois venu le moment d’évaluer de manière globable et précise la mise en œuvre de ces lois, avec les acteurs de la vie culturelle et ceux du mécénat, afin de proposer les évolutions qui leur permettront d’être plus efficaces encore. Cette perspective s’inscrit dans les orientations définies par le Président de la République au cours de la campagne. Ce peut être affaire de simple réglage, comme lorsque récemment les conditions d’exposition des œuvres acquises par les entreprises ont été assouplies. Ce peut être aussi une réflexion plus poussée sur l’évolution des besoins, notamment ceux de la création, et les conditions à assurer pour les satisfaire.
Mais la loi n’est pas en elle-même suffisante. Il faut qu’elle rencontre le dynamisme des hommes et des institutions, leur esprit d’initiative, leur désir de se développer, de rayonner. C’est, je le sais, le cas du Louvre, comme c’est en général celui des institutions du ministère. Elles savent que j’accompagnerai et soutiendrai leurs efforts. Ici, au Louvre, je tiens à saluer le partenariat fort avec Atlanta, le projet exemplaire et essentiel de Lens, et celui du département des arts de l’Islam. Quant au projet du « Louvre Abou Dabi », si prometteur, nous avons le devoir de le réussir, car il engage notre pays, à travers un accord international, et parce qu’il ouvre des voies nouvelles. Je veillerai donc à ce que l’agence créée à l’occasion de cet accord s’y consacre pleinement, sous l’égide du Louvre et de toutes les institutions qui s’y sont associées.
Cher Jean-Luc Bélingard, encore un grand merci. Grâce à votre aide, grâce à celle du groupe IPSEN, le Louvre va pouvoir proposer un insigne chef d’œuvre de plus à ses quelque huit millions de visiteurs annuels.
Avec eux tous, je veux vous dire ma très grande gratitude.
Je vous remercie.
photos Didier Plowy/MCC




Mesdames, Mesdemoiselles,
Messieurs,




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